Portrait d’Henry Hang, l’artiste inclassable

par Christina Mrad


Les yeux pétillants et le sourire aux lèvres, Henry, artiste et peintre depuis 1993, nous raconte son histoire avec une énergie vive, presque immersive. Au fil de ses mots, nous sommes entraînés dans son vaste univers, teinté de street art, de peinture et de danse.

Depuis toujours, l’artiste évolue dans un univers où la culture hip-hop se mêle naturellement à la danse, s’accorde avec la peinture et s’enrichit des mots. C’est de cette alchimie parfaite qu’Henry tire le meilleur de son art, l’expression la plus authentique de lui-même. Nourri par la culture française, et plus particulièrement par le siècle des Lumières, il a souhaité, grâce à son style singulier, « unir deux mondes : le graffiti et la peinture classique ».

« Le seul moyen de m’exprimer c’était dans la rue« 

Adolescent, il fait ses débuts grâce au vandalisme au sein d’un groupe nommé ALB, plus exactement, A la barbare. C’est les murs de sa chambre, premier terrain de jeu pour l’artiste, qui en prennent un coup. Petit à petit, à Créteil, dans le sud-est de Paris, le terrain s’agrandit. Les cages d’escaliers, les murs du bâtiment, puis le quartier tout entier devient une véritable toile géante. « Mes parents n’avaient pas les moyens pour me mettre dans une école d’art, le seul moyen de m’exprimer c’était dans la rue (…) C’était gratuit mais il fallait courir vite », avoue l’artiste en souriant. L’air pensif et les yeux qui s’illuminent, Henry se rappelle tous ces moments de découvertes, parfois mêlés de risques et d’adrénaline. Il se rappelle les tags sur les trains, les courses à toutes vitesses, les heures difficiles, les sacrifices. C’est dans cette période qu’il connaît aussi les premières déceptions accompagnées des premières œuvres éphémères. Mais Henry grandit et son rapport à l’art aussi, « Avec le temps on se dit : j’ai donné, c’est bon je fais autre chose. »

La fresque « Les béliers », quai de la Croisette près de la Mairie de Créteil. crédit : USCréteil.

Un homme qui vit pour demain

En 1995, après cinq ans « d’art de la rue », Henry remplace la bombe par le pinceau et la peinture à l’huile, qu’il met dix années à maîtriser. Durant son récit, il change parfois de regard, mais son ton reste toujours le même : détaché, pédagogue et animé à la fois. Ses yeux, fixés dans les nôtres, ne vacillent pas une seule fois. Artiste au caractère ambitieux et travailleur, il se retrouve dans la danse, domaine où il y trouve « un échange réel, une transmission, des valeurs. » Mais l’homme voit toujours plus loin. Véritable acteur du monde de demain, il promet « toujours avoir un coup d’avance ». Désormais conscient des enjeux, il souhaite aider à la construction de l’Histoire du Hip-hop, la transmettre et l’ancrer dans le cœur des gens.

Aujourd’hui sa plus grande fierté est la fresque Les béliers peinte près de la croisette, sur un mur de Créteil, ville où enfant il graffait sur les murs des escaliers, et qui voit aujourd’hui son œuvre vivre, durer et être aimée.


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